L'oeil de paon

De AFIDOL

Sommaire

Importance

Maladie importante


Description

Oeil de paon 1.png

Fusicladium oleagineum est un champignon pathogène pour les oliviers. Il pénètre dans les feuilles et s’y développe. La feuille paraît saine durant ce temps d’incubation. Après quelques semaines, une tache circulaire apparaît sur la face supérieure de la feuille. L’apparition de la tache correspond à l’émission de nouveaux spores. La maladie de l’œil de paon est déclarée. Ces spores vont contaminer les feuilles voisines, et la feuille initialement attaquée tombe.










Biologie

Une évolution en 3 étapes :

1- Contamination

Quand les températures sont douces et qu’il y a de l’eau liquide sur les feuilles (pluie ou rosée), les spores germent et pénètrent dans la feuille en quelques heures. C’est la contamination.

2- Incubation

Au cours de cette étape, le champignon se développe dans la feuille. Quand la température est proche de 15 °C l’incubation dure à peine 2 semaines. Si les températures dépassent 25 °C ou descendent en dessous de 10 °C le champignon est ralenti, voire stoppé ; l’incubation peut alors durer plus de 3 mois. L’incubation est indépendante de l’humidité de l’air.

3- Déclaration de la maladie

Le champignon émet des conidiophores hors de la feuille ; c’est l’apparition des taches. Dans les jours qui suivent l’apparition de la tache, les spores peuvent être dispersées et contaminer les feuilles voisines.

Evolution oeil de paon.png

Dégâts

La chute prématurée des feuilles entraîne une perte de productivité parfois importante. En cas de présence massive la production d’olives peut devenir nulle.

Dans le cas d’attaques sur pédoncule, les olives sèchent, se rident et chutent prématurément, d’où une perte directe de récolte.

Estimation du risque

L’œil de paon est une maladie très répandue en France. Le seuil de tolérance est à 10 % de feuilles présentant les symptômes.

Certaines conditions de culture favorisent le développement du champignon. Le manque d’aération de l’arbre crée des conditions de confinement favorables ; de même les irrigations tardives, notamment dans les vergers enherbés.

Certaines variétés sont plus sensibles, en particulier la Tanche, la Lucques, l’Aglandau et le Cailletier. En prenant en compte ces conditions, on peut limiter et surveiller plus facilement l’expansion de l’œil de paon.

Observation : tous les 10 à 15 jours.

  • Si plus de 10 - 15 % des feuilles tachées
  • Si le précédent traitement a été lessivé (20 à 50 mm de pluie)

Alors un traitement au cuivre à la demi-dose est conseillé.


OptiPaon : outil d’aide à la décision OptiPaon est un outil d’aide à la décision créé par MM. Serge Régis et Christophe Roubal pour les services du Ministère de l’agriculture, après de nombreuses années d’observation. Connectez-vous sur le site du CIRAME et saisissez les données pour votre verger. OptiPaon vous donne alors l’indication d’un nombre de traitements compris entre 0 et 5. Il s’agit toujours de traitements à la demi-dose de cuivre. www.agrometeo.fr/op_oad.asp

Stratégie de lutte

Une prophylaxie déterminante

Aérer l’arbre

Taillez chaque année. La taille améliore l’aération de l’arbre, ce qui réduit la durée d’humectation des feuilles. Les contaminations sont moins nombreuses sur les arbres taillés qui sèchent plus vite. Sur les arbres fortement touchés, taillez sévèrement pour supprimer les parties les plus contaminées et stimuler la production de nouvelles feuilles.

Limiter l’irrigation

Irriguez seulement quand c’est nécessaire, et coupez régulièrement l’herbe. L’irrigation par aspersion du feuillage doit être évitée ; elle favorise directement le champignon.

La prophylaxie est importante : elle permet de garder des niveaux de contamination faibles. Les traitements reposent sur l’application préventive de produits à base de cuivre. Le cuivre agit par contact avec les spores qui meurent avant de pénétrer dans la feuille. Les feuilles du bas de la frondaison, et sur les rameaux peu vigoureux sont les plus contaminées par le champignon.

Les périodes de traitement correspondent aux principales périodes de contamination, en l’occurrence le printemps et l’automne.

La lutte préventive avec le cuivre

La lutte consiste à appliquer du cuivre sur les arbres, avant que les conidies ne germent et n’entrent dans la feuille. Les ions cuivre sont toxiques sur les champignons. Si la spore est au contact d’ions cuivre, elle ne germe pas ou ne pénètre pas dans la feuille. La lutte contre la maladie de l’œil de paon avec des produits à base de cuivre est donc préventive. Le cuivre est un produit préventif et de contact.

Périodes d’application

Sur les variétés tolérantes à l'oeil de paon, en général, 2 ou 3 passages à demi-doses suffisent à protéger efficacement les oliviers ; sur les variétés sensibles 4 à 5 passages sont parfois nécessaires. Assurez une couverture de vos feuilles pendant les périodes à risque et en particulier en mars, avril et septembre.

Dosage

Les produits à base de cuivre sont homologués sur la base d’un apport maximal de 2,5 kg de cuivre métal par hectare pour chaque application. Les bouillies bordelaises contiennent 20 % de cuivre- métal.

Par exemple, avec de la bouillie bordelaise, la dose maximale autorisée sur l’étiquette est de 12,5 kg / ha (ou 1,25 kg/hl).L’apport maximal autorisé est donc bien de 2,5 kg (= 12,5 X 20%) par hectare par application.

En oléiculture contre l’œil de paon la moitié de la dose maximale est presque toujours suffisante. Nous vous conseillons donc d’appliquer systématiquement vos produits à base de cuivre à la demi-dose, soit l’équivalent de 1,25 kg/ha par application.


Demi-dose de cuivre = moitié de la dose maximale inscrite sur l’étiquette = la dose conseillée contre l’œil de paon = 1,25 kg cuivre-métal/ha


Les nouveaux produits à base de cuivre ont été homologués sur la base d’une dose maximale par an de cuivre métal. Par exemple le produit Bordo 20 micro est autorisé à la dose maximale de 20 kg de produit/ha/an (soit l’équivalent de 4 kg de cuivre métal/ha/an). Le producteur est libre de fractionner ces apports en 2, 3 ou 4 applications.


Nous vous conseillons dans ce cas de travailler à 6 kg/ha par application (soit l’équivalent de 1,2 kg de cuivre métal/ha). Ce type d’homologation qui laisse plus de souplesse au producteur devrait se développer à l’avenir.


Attention, le cuivre s’accumule dans nos sols ; à terme, il peut entraîner une perte de fertilité irrémédiable. Limitez les apports au minimum.


Application du traitement Le cuivre doit couvrir le maximum de surface foliaire. La qualité de l’application est souvent plus importante que la dose de cuivre. Réglez votre appareil afin d’assurer une pulvérisation fine, régulière, sur toute la frondaison, y compris à l’intérieur de l’arbre et sur les rameaux bas.


La lutte préventive avec le mancozèbe

Principe : les spécialités à base de mancozèbe ne pénètrent pas dans le végétal et restent des solutions préventives.

Limites : les spécialités à base de mancozèbe n’apportent pas d’intérêt particulier par rapport à celles à base de cuivre. Elles ne doivent être utilisées qu’en dernier recours pour une application préventive juste avant la floraison.


Toutes les spécialités à base de mancozèbe sont réservées à un usage professionnel et non autorisées en agriculture biologique.


Traitement de rattrapage

Krésoxim-méthyl

Principe : les spécialités à base de krésoxim- méthyl diffusent un peu par voie translaminaire. Le traitement peut donc avoir une action à la fois préventive et curative.

Limites : le risque de résistance du champignon et le classement R 40, effet cancérogène suspecté, font de ces spécialités des solutions secondaires.

Ces spécialités sont toutes réservées à un usage professionnel et ne sont pas autorisées en agriculture biologique.

Toutes les spécialités à base de krésoxim-méthyl sont à réserver aux situations critiques, pour les vergers sensibles, n’ayant pas eu de couverture cuprique et devant être protégés par exemple à l’approche de la floraison.

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